C’est pas que du beau

Surtout en Inde. Je sais c’est un cliche mais depuis ces deux derniers jours, lentement mais surement, je commence un gros rejet de l’inde. Hier a ete une journeehorrible, je me suis fait arnaquer par un conducteur de rickshaw, tout ca pour aller voir un temple sans aucun interet que j’aurais pu aller voir a pied. L’apres midi, je vais de Bodhgaya a la gare de Gaya pour trouver un train vers Darjeeling. La galere pour arriver a Gaya, a cause des elections a venir dans quelques jours, la ville est paralysee, j’ai du changer deux fois de chauffeur et suivre un indien tres louche pour finalement arriver a la station de train. La, pas de train, le bureau de tourismed’une incompetence a pleurer, 1h30 de queue pour acheter un billet de train pour le lendemain, tout ca sous 40 degres et l’oeil ahuri de tous les indiens de la piece, qui visiblement auraient tue leur meilleur ami pour avoir ma photo. Une chose est sure, on leur a jamais dit que c’est extremement impoli de fixer quelqu’un. Une fois ce calvaire termine je tente de retourner a Bodhgaya, pas de rickshaws, je suis obligee de suivre un gars de l’office du toursime sur un cycle-rickshaw. Je serre mon sac a dos dans mes bras mais je sens un truc bizarre. Je souleve mon bras et je vois que le gars avait la main grande ouverte, pointee vers ma poitrine ou au mieux mon estomac dans l’espoir de me toucher le plus possible. Je lui lance un regard noir et je lui dis: ne me touche pas! Degage tes mains espece de malade! Il baisse la tete. Je m’enfuierais bien mais je sais pas ou je suis ni ou je vais. Et la rue est remplie de ces memes mecs… A ce moment de ma journee, je dois serrer les dents tres fort pour eviter de pleurer. Si je pleurais ce serait encore pire. 5mn plus tard je sens ses doigts a nouveau. Cette fois je tape sur l’epaule du chauffeur de rickshaw, je saute a terre et je m’en vais sans me retourner. J’en parlais a un ami indien rencontre dans le train et il me disait que j’aurais du le frapper, il aurait eu honte, et apres il aurait ete prier, tremblant son Dieu en se demandant quelle serait sa punition. Parfois je me dis que c’est peut etre ca la consequence de la religion: ca rend les gens peureux. Au lieu de se dire ‘je suis vraiment un ane d’agir comme ca, je ne veux plus le faire je devrais changer’, non, on demande a son Dieu qu’il aie pitie de nous, qu’il ne nous fasse pas de mal…
Il y a deux choses ici qui pour moi deviennent insupportables. D’abord le regard des hommes. Pour un indien si une femme se balade seule , tout est permis, surtout si elle est blanche. L’Inde est le seul pays que j’ai traverse que je deconseillerais vivement a une fille voyageant seule. C’est usant, fatigant, genant, enervant et a la fin on a envie de distribuer les claques. La seule fois ou ca m’a fait rire c’est Benares dans une minuscule ruelle, un jeune a moustache qui arrivait face a moi sans pouvoir detacher son regard de moi. Il a glisse sur une bouse fraiche dis donc. Une bonne grosse bouse, il s’est etale comme une pauvre crepe! Ouh que j’ai ri!
La deuxieme chose c’est la salete. Mes standards d’hygiene n’ont jamais ete completement au top, et je vous avouerai, comme vous vous en doutez, qu’ils ont plutot eu tendance a chuter pendant ce voyage. Mais la, non, vraiment, je vous jure… C’est meme pas que ce soit sale qui me derange, ce qui me tue c’est cette culture de la salete, ce manque d’hygiene chronique de la societe indienne. C’est simple rien n’est jamais nettoye. Personne n’a introduit le concept de femme de menage ici. D’ailleurs c’est peut etre justement parce que les femmes servent uniquement a la maison, et ne travaillent pas dans les commerces, que le menage n’existe pas. Ils crachent, pissent dans tous les coins, jettent les detritus par la fenetre, dans les ruelles. Meme les vaches on les laisse se balader en ville ou elles trouvent comme des grandes leur nourriture: les poubelles. Ils chient sur les plages, se servent de leur pleuve sacre comme d’une decharge, n’ont jamais senti la fiere odeur de M. Propre. Et ca n’a rien a voir avec la pauvrete. Meme la Chine c’est Byzance a cote. Je me souviens de ces villages recules du Laos, sans electricite, ou ils ne cultivent que du riz et un peu de legumes pour leur consommation. Cahque matin et chaque soir, les femmes balaient devant leur porte. Balaient avec acharnement devant chez elles, le chemin, et leur petite cour en terre! On enleve ses chaussures dans la maison parce qu’elle est propre. En Inde quand il faut enlever ses chaussures pour entrer dans un temple on en sort les pieds tellement noirs qu’on ose a peine remettre ses chaussures avant d’avoir trempe ses pieds dans du desinfectant… Meme les endroits les plus sacres sont immondes. Et a force de tant de crasse, je vous assure que ca coupe l’appetit. Et la je suis dans le train de nuit, allongee sur une banquette superieure jamais nettoyee depuis la mise en service du train il y a cela surement 30 ans, je suis toute suante encore alors qu’il doit etre 22h, sous les ventilateurs enrobes d’epaisses couches de toiles d’araignee, et entouree de cafards en vadrouille. Un truc jaune visqueux non identifie vient d’atterrir sur mon genou, je le nettoie, je passe ma tete vers la couchette d’en bas pour souhaiter une bonne nuit a mon jeune ami indien, mon ange gardien de jour, et que vois-je! une rangee de soldats qui se sont serres sur une banquette d’en face pour avoir une vue imprenable sur ma couchette, et par terre juste en dessous de moi un vieux liquide puant jaunasse maronnasse: un bebe qui a eu la glorieuse idee d’avoir une coulante repugnante au beau milieu du passage. Au moins il n’y a pas que les touristes que l’Inde rend malades.

~ by jenniferldp on April 16, 2009.

One Response to “C’est pas que du beau”

  1. Une seule conclusion s’impose…. REVIEEEENNNNSSSSS et aussi courage!
    Beijo,
    M

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